Je lisais, dernièrement, des articles qui vantaient les mérites des soft skills dans le processus de recrutement et d’évaluation. Soft skills ? Késaco ? Il s’agit de l’ensemble des caractéristiques qui relèvent de la personnalité. On parle communément de savoir-être ou de compétences transversales. A l’heure actuelle, il n’existe pas de nomenclature officielle mais des grandes catégories de compétences relationnelles et d’attitudes comme la communication, la créativité, l’empathie, la prise de décision, la gestion du stress etc. Les soft skills s’opposent aux hard skills qui sont des compétences théoriques (savoirs et savoir-faire) plus facilement identifiables et évaluables.

Ce que j’ai compris, à la lecture de ces articles c’est : « Candidat ! Mise (sur)tout sur tes soft skills ! Elles te permettront de te démarquer de la concurrence et d’accroître tes chances de décrocher un entretien ! Puis elles te permettront d’obtenir un job et d’évoluer plus vite au sein de l’entreprise ! »

 

Elles auraient même une grande influence sur le niveau de rémunération et l’accès aux emplois les plus qualifiés. Selon une enquête de Janvier 2016 du CEREQ, les individus qui sont confiants et qui prennent des risques ont plus de chances d’obtenir des rémunérations plus élevées et des emplois plus qualifiés. Il en ressort que les jeunes hommes et les enfants de cadres bénéficient en général de meilleures rémunérations.

Je suis d’accord pour dire qu’il est très important aujourd’hui, surtout en tant que jeune diplômé(e), de miser sur les soft skills et ce à toutes les étapes de la vie professionnelle ! Dans un premier temps pour séduire les recruteurs et managers, puis accroître son adaptabilité, sa productivité et ainsi connaître une mobilité professionnelle ascendante. Il est devenu nécessaire de mettre en oeuvre et développer ces soft skills, car l’organisation évolue et se complexifie. Avec les nouvelles conceptions du travail (management de projet, télé-travail, bureaux mobiles, sharepoint, vidéo-conférence etc.), les équipes de travail sont transversalesmulti-culturelles et dématérialisées. Détenir et développer ces softs skills est donc gage d’efficacité ! De plus, cela permet à des profils atypiques de revenir dans la course !

Mais vous allez me dire comment peut-on développer ces savoir-être ?

  • La première étape est l’introspection. Etape nécessaire pour identifier ses points forts et ses points d’amélioration. Il est intéressant de demander l’avis de votre entourage car les interactions avec autrui nous permettent d’en apprendre beaucoup sur notre être et savoir-être.
  • La deuxième étape est le « façonnement ». Il s’agit de suivre des formations pratiques ou des séances de coaching. La lecture (psychologie et développement personnel) peut également être un outil. Personnellement, les livres de Laurent Gounelle m’ont donné des exemples concrets pour développer mon optimisme et mon audace. Puis inspirez-vous des personnes qui vous entourent ou qui vous stimulent.
  • Enfin, la troisième étape est de se lancer, d’essayer, de ne plus réfléchir. Une personne timide aura intérêt à prendre la parole en public, un pessimiste à penser à 3 accomplissements par jour. Je connais des anciens timides qui sont devenus aujourd’hui des formateurs et des enseignants !

Mais il s’avère parfois difficile (pour certains savoir-être), de passer d’un état à un autre. Car les soft skills sont inhérentes à l’individu. Ce sont des constructions sociales, difficiles à déconstruire car, au même titre que les habitus de Bourdieu, les soft skills sont innées ou acquises durant l’enfance. Certaines données sociales comme le milieu social ou le lieu de résidence impactent positivement la détention de ces soft skills. Plus le niveau social des parents est élevé, plus on a de chances de détenir ces softs skills qui seront des atouts dans le milieu professionnel. L’étude du CEREQ démontre bien la corrélation avec d’autres éléments sociaux tels que l’environnement familial ou la région de résidence. Les individus sont donc inégaux face aux soft skills.

De plus, les soft skills sont profondément liés à l’intime, l’être, contrairement aux hard skills qui sont liés à l’avoir. Le danger, en cherchant à se former sur ses soft skills, est de se remettre en question ou pire se déprécier, en cas de non réussite suite à une évaluation. Car en milieu professionnel, l’identification puis la formation des soft skills, implique une évaluation régulière. Cette dernière impliquera ensuite une rétribution, financière ou symbolique, des plus compétents.

Pour conclure, je dirai donc misons plus sur les soft skills mais soyons conscients : nous n’avons pas les mêmes prédispositions à être hyper-communicant, hyper-audacieux, hyper-curieux, hyper-organisé ! Assumons davantage notre patrimoine naturel et trouvons une entreprise qui nous accepte et nous valorise tel que nous sommes. Car les soft skills dépendent des organisations, des métiers, du type de management, de la culture d’entreprise. Elles varient d »un environnement à un autre. A chaque entreprise, ses soft skills !

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Roseline Laloupe

Roseline LaloupeDiplômée du CELSA et de l’INSEEC, Roseline est spécialisée en Communication et Stratégie RH. Forte de deux années d’expérience, elle prend plaisir à mettre en valeur les projets internes de l’entreprise, déployer des processus RH complexes et créer des espaces d’échanges.