Puisque nous commençons une nouvelle année et que c’est la période des bonnes résolutions, j’ai eu envie de rédiger la liste des « commandements » qui peuvent faire de nous de bons recruteurs (ou au moins de meilleurs recruteurs).

C’est l’excellent poste d’Antoine BELOT qui m’a donné l’idée de cet article avec son post intitulé « Les 10 travers à corriger en recrutement« . J’ai déjà évoqué le fait que je n’avais jamais trouvé de charte ou de guide du recruteur éthique et responsable. Il paraît qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même alors je vous donne mon retour de recruteur-pas-du-tout-parfait-qui-cherche-à-s’améliorer (donc l’idée n’est pas de « faire la morale » aux autres, mais d’appliquer également les conseils que je donne ci-dessous).

La liste n’est pas exhaustive et mes « commandements » ne sont pas classés par ordre d’importance ou de priorité. Les suggestions, commentaires, critiques (constructives) sont comme d’habitude les bienvenus.

1- Tu seras ponctuel:

Tous les recruteurs trouvent normal que les candidats soient à l’heure (voire un peu en avance) quand ils sont attendus en entretien. Il est donc logique que les recruteurs soient également à l’heure quand ils ont convoqué un candidat. Et si on sait qu’on va être en retard, on assume, on prévient dès que possible et on s’excuse. Et on évite de dire « je suis débordé/ sous l’eau », « c’est la course », « je suis pressé »…C’est condescendant et ça ne justifie rien.

2- Tu seras (vraiment) à l’écoute:

On dit souvent que l’écoute est l’une des qualités indispensables d’un recruteur. Le problème, c’est que beaucoup d’entre-nous écoutent les candidats uniquement pour répondre et non pour comprendre. Pourtant, l’écoute est la clé pour comprendre le parcours, découvrir les besoins, les attentes, les motivations des candidats. Et ça, c’est une grande partie de notre boulot non?

3- Tu seras curieux et intéressé:

J’entends régulièrement des candidats dire « de toutes façons les recruteurs ne comprennent pas ce que je fais ». Comment peut-on recruter quelqu’un quand on a qu’une vision superficielle de son métier? Le but n’est pas de devenir un expert mais au minimum de s’intéresser à l’autre et pas seulement de cocher des cases ou de collecter des mots-clés. Le meilleur moyen de comprendre le métier d’un candidat est de lui poser des questions claires et de ne pas hésiter à dire « je ne comprends pas, pouvez-vous m’expliquer? ».

4- Tu ne te sentiras pas supérieur:

Nous sommes recruteurs, cela ne fait pas de nous les maîtres du monde! Beaucoup de candidats nous voient comme des gens arrogants, prétentieux, malpolis…Nous donnons souvent l’impression d’avoir un pouvoir « de vie ou de mort » ou sur eux (j’exagère à peine). L’entretien doit être un échange entre 2 professionnels, et non un rapport de force. C’est une vision archaïque et absolument pas constructive: nous avons besoin des candidats autant qu’ils ont besoin de nous.

5- Tu ne mèneras pas d’interrogatoire:

Comme indiqué au point 4 , un entretien de recrutement est un échange, un dialogue. Or, les entretiens sont souvent vécus comme un examen, presque une garde à vue! Lorsque j’étais moi-même candidate, j’ai plusieurs fois été reçue en entretien par des gens qui se comportaient davantage comme des policiers ou des maîtres d’école que comme des recruteurs. Mettre les candidats en situation de stress intense n’a aucun sens: c’est en instaurant un climat de confiance que nous obtiendrons des réponses et des informations de qualité.

6- Tu seras bienveillant:

Oui c’est un mot très à la mode mais c’est surtout le meilleur moyen pour qu’un candidat donne le meilleur de lui-même. Un bon recruteur doit être conscient des enjeux qu’un entretien revêt pour certains, du fait que cela peut-être un exercice difficile, que le candidat se sent jugé, évalué. Il doit donc se montrer accueillant, disponible, empathique. En fait, il doit simplement se comporter comme il aimerait qu’on se comporte avec lui. Bienveillant ne veut pas dire neuneu, faible ou bisounours comme je l’entends parfois. Il s’agit simplement de se mettre dans les meilleures dispositions possibles vis-à-vis de l’autre, de manière à le recevoir et à l’écouter sans a priori.

7- Tu arrêteras de « vendre du rêve »:

On m’a souvent demandé de « sur-vendre » un peu un poste ou l’entreprise pour laquelle je travaillais: gonfler les chiffres, parler de primes (impossibles à atteindre), vanter des valeurs qui n’existaient pas, rédiger des annonces « bidons »… Si j’ai plus ou moins accepté de jouer le jeu au début de ma carrière (en trouvant rapidement que c’était révoltant), il est aujourd’hui hors de question que je m’arrange avec la vérité. Oui, nous devons convaincre mais nous n’avons pas le droit de mentir pour faire venir un candidat chez nous. Où est le challenge? Où est l’éthique? Soyons honnêtes et aussi transparents que possible puisque c’est ce que nous attendons des candidats.

8- Tu ne feras pas déplacer un candidat « pour rien »:

Beaucoup de candidats et collègues m’ont raconté que des recruteurs les avaient convoqués en entretiens pour finalement se rendre compte dès le début que le poste ne correspondrait pas à leur CV/profil/ parcours. A part quelques exceptions, un recruteur sait rapidement si un candidat correspond à un poste (ou si un poste correspond à un candidat). Je sais que beaucoup d’entre nous sont soumis à des quotas, des objectifs d’entretiens à la semaine ou au mois et que nous sommes gentiment priés d’atteindre ces objectifs…Mais soyons honnêtes: avons-nous besoin de faire déplacer des gens qui viennent parfois de loin, qui sont parfois en poste et posent une demi-journée de congé « juste pour voir »? C’est un manque de respect total et ça n’avance à rien. Nous avons des moyens tels que Skype ou le téléphone qui permettent un premier échange très abouti.

9- Tu répondras à tes candidats:

Je me suis déjà longuement expliquée sur le sujet dans mon article précédent ici, mais je crois qu’il est bon d’en « remettre une couche ». On peut faire une réponse automatique- accusé de réception (surtout quand on reçoit des dizaines de candidatures, nous ne sommes pas des surhommes/femmes) mais il est OBLIGATOIRE de recontacter et de débriefer tous les candidats reçus en entretien. Une réponse, même négative (mais malgré tout constructive) sera forcément plus intéressante pour un candidat que le silence ou l’indifférence. C’est tout simplement être professionnel et faire preuve de considération.

10- Tu n’oublieras pas que tu es un être humain:

Avec la fameuse « transformation digitale » (dont personne ne connaît vraiment la signification) on nous fait croire que de merveilleux outils vont nous permettre de recruter, manager, diriger…à notre place. Aucun robot ne pourra remplacer l’échange entre 2 êtres humains. Le meilleur outil de gestion ne servira à rien si le recruteur qui l’utilise n’a pas compris l’importance de son poste. Être des recruteurs humains implique que nous acceptions le fait de nous tromper, de ne pas savoir, d’échouer, d’avoir peur, de nous laisser dépasser parfois par les émotions mais également d’être enthousiastes, de faire confiance, d’aller au-delà des apparences et des mots-clés, de détecter des potentiels…

Comme je le disais en introduction, ce sont mes 10 commandements, chaque recruteur est différent. Il y a beaucoup d’autres lignes de conduite qui doivent guider notre métier. Mais si je ne devais retenir qu’une seule qualité ce serait la plus simple et la plus compliquée de toutes: LE RESPECT!

Hélène LY

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