Recrutement, formation, coaching, gestion d’objectifs, cooptation… 2017 sera peut-être l’année de la gamification au coeur des entreprises. Après de nombreux essais, pilotes, et à peu près le double d’échecs que de succès, les entreprises découvrent l’extraordinaire potentiel de la Gamification (l’utilisation des techniques de jeu dans un contexte professionnel).

Nous souhaitons toutes et tous rendre plus ludique, plus stimulant l’environnement de travail. Pour y arriver et sortir de l’ennui vos collaborateurs, créer chez eux cet engagement, pourquoi ne pas s’inspirer de certains jeux ?

Le jeu est une activité fondamentale de l’être humain, qui n’en a d’ailleurs pas l’exclusivité : les animaux jouent aussi. Le jeu, au sens large, fait partie de notre vie de la naissance à la mort. L’absence prolongée de jeu nous rend tristes et aigris.

Vous réfléchissez sans doute aux moyens les plus adaptés d’appliquer les techniques du jeu dans votre management et votre stratégie. Pour y parvenir, deux conseils :

Premier conseil :

Comprendre les motivations de vos futurs joueurs : que recherchent-ils dans un jeu ?

Jouer nous donne un but. Souvent, il s’agit de gagner (parfois contre le jeu, parfois contre les autres joueurs, parfois contre soi-même), et pour y arriver plusieurs étapes sont nécessaires : apprentissage, conquête, persévérance, acquisition d’objets et de points, etc.

Or, si nous sommes tous joueurs, nous sommes très différents face au jeu. Qu’il s’agisse d’un jeu vidéo, d’un jeu de société ou d’un sport, nous jouons pour 4 raisons très différentes :

1. Nous souhaitons évoluer, progresser, devenir ‘meilleur’ ou ‘plus performant’ dans le jeu. C’est le cas du sportif qui souhaite dépasser un record, atteindre un nouveau niveau. C’est généralement la motivation principale de toute personne passionnée par son métier ;
2. Nous souhaitons collaborer, interagir avec les autres. Soit pour se rendre utile (jouer un rôle au sein d’une équipe) soit pour se sentir apprécié, aimé par les autres joueurs ;
3. Nous souhaitons être surpris, vivre de nouvelles expériences, résoudre des problèmes inconnus, incarner un personnage loin du réel… le jeu est un outil de découverte ;
4. Nous souhaitons surpasser les autres, dominer un classement, être ‘le’ ou ‘la’ meilleur(e), sans tenir compte de la qualité objective de ce classement.

On le voit, ces quatre motivations sont très différentes et chacun cumule plusieurs leviers, à différents niveaux d’intensité. Elles permettent toutefois d’identifier les 4 profils-type, et les 8 sous-profils spécifiques, des joueurs (Achiever, Socializer, Explorer et Killer).

La connaissance de ces profils est essentielle. J’ai le plaisir de développer, avec mon équipe, des applications mobiles de Gamification pour les entreprises. En démarrant chaque réflexion sur l’étude des profils concernés. L’une d’elles – Peak me up – s’adresse aux commerciaux de terrain. Ceux-ci sont, de manière majoritaires, des ‘Killer-Achiever’, stimulés par la compétition et la progression individuelle, tandis qu’une autre – Happyformance – vise la performance collective et collaborative, et appuie sur les leviers de la socialisation et du teamplay.

Second conseil :

S’appuyer sur les 3 vertus du jeu

Le jeu présente 3 vertus essentielles qu’il faut avoir en permanence à l’esprit pour établir un projet d’activité gamifiée :

A. FEEDBACK : le feedback instantané et permanent, et la clarté de la progression

Dans un jeu – contrairement à la vie réelle – chaque progression, chaque succès, chaque niveau est clairement identifié. Le feedback, positif ou négatif, est immédiat. C’est le point essentiel d’une stratégie de gamification : procurer aux ‘joueurs’ ce luxe, ce plaisir du feedback transparent et immédiat.

B. RULES : Tout jeu se base sur des règles claires et intangibles

A nouveau, on ne peut pas en dire autant du monde réel. Dans la ‘vraie vie’, les règles sont floues, ou inexistantes, ou peu respectées, ou changeantes…

Le jeu procure un confort inouï : celui de la stabilité et de la justice entre joueurs respectant les mêmes règles.

C. PROJECTION : le jeu permet au joueur de se projeter dans un meilleur ‘soi’

Quel que soit le scénario (du plus réaliste au plus fantasmé, comme dans les jeux de rôle, par exemple), nous ne sommes pas exactement le même au sein du jeu qu’en dehors. Lorsque, par exemple, nous rejoignons des collègues pour le tournoi de squash du bureau, nous sommes ‘les joueurs de squash’, avec un historique, des défis, des objectifs différents. Mais avec le respect des deux premiers points : des règles connues et identiques pour tous, et un feedback immédiat (le score, les niveaux) sur nos performances.
Vous envisagez d’exploiter la Gamification au sein de votre entreprise ? N’oubliez pas que nous jouons pour des raisons différentes. Et que tout jeu réussi se construit sur des feedbacks instantanés et des indicateurs de progression.

Dominique Mangiatordi

Dominique MangiatordiDomininique Mangiatordi est un lanceur de projets, un innovateur, un entrepreneur et aussi un grand collectionneur de BD.

Il croit fermement que dans de nombreux cas, la gamification est le meilleur moyen pour améliorer la performance des employés. C’est pourquoi il enseigne son utilisation et la meilleure façon d’en obtenir des résultats.

Dominique est également « Capitaine » de la Royal App Force, Start-up lançant des Apps de gamification pour les entreprises.

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